Et pendant que nous essayons d’obtenir une mobilisation suffisante, c’est à dire qui pèse suffisamment auprès de ceux qui disposent de certains pouvoirs, des hommes (dont la culpabilité est celle d’être nés dans un environnement peu favorable), nos semblables, continuent de mourir dans nos rues d’Avignon : deux décès cette semaine, dont un sur le trottoir. Nous devons respecter la liberté de chacun, notamment celle de rejoindre une structure d’hébergement ou pas, de se soigner ou pas. Pour autant, notre système d’accueil et d’accompagnement doit être suffisamment doté (humainement, financièrement) et ambitieux pour faire en sorte de pouvoir convaincre chacun de nos concitoyens d’accepter, en confiance, de rejoindre un lieu où mourir dignement et entouré.
La mobilisation effective de ces moyens, à la hauteur de ces besoins essentiels, ne va pas encore de soi. Garantir à chacun de nous, quels que soient les aléas de la vie, que nous ne serons pas obligé à séjourner dans les rues de nos villes faute de place d’accueil disponible et adaptée, voire à mourir sur le trottoir, n’est pas encore d’actualité.
Créer des structures d’accueil, ouvrir des lieux d’hébergement, développer des services de médiation, semble encore être des actions optionnelles et en tout cas perçues avant tout comme vecteurs d’insécurité. Non comme actions solidaires dette envers les plus fragilisés d’entre nous. Fraternité en acte. Actions qui n’ont pas de poids au niveau électoral, parce que nous ne sommes pas encore assez nombreux à les réclamer et défendre auprès de nos élus locaux.

Manifestation lors de la Grève Générale du 19 mars 2009, Avignon
photo par Les Enfants de Don Quichotte
Voilà pourquoi les Enfants de Don Quichotte estiment devoir reprendre la lutte (des campements sont annoncés à partir du 15 mai à travers la France, dont Avignon).
Voilà pourquoi les associations locales se sont unies (Secours Catholique, AHARP, Imagine 84, RHESO, FNARS), lors de leur passage : pour porter un même discours, appelant à une mobilisation effective de l’Etat, de la Mairie et du Conseil Général à nos côtés.
Madame ROIG, n’y voyez aucune ironie, mais permettez nous de vous faire remarquer que depuis de nombreux mois vous défendez, sans doute à juste titre, l’idée d’installer un nouvel hôtel de luxe en lieu et place de l’ancienne prison. Faute de voir le projet mis en œuvre directement par un promoteur, vous avez récemment décidé que la Mairie se porterait acquéreur (1 million d’euros) afin de promouvoir directement ce projet, pour ensuite en remettre la gestion à un promoteur. Pourquoi pas se soucier de l’hébergement des plus privilégiés d’entre nous, convenez toutefois qu’il serait tout aussi bienvenu de se préoccuper aussi activement de l’hébergement des moins privilégiés. D’aucuns oseraient sans doute, aussi, vous suggérer une taxe de séjour spécifique appliqués aux premiers et finançant l’hébergement des seconds, mais nous n’irons pas jusque-là.
En attendant que la mobilisation soit effective, en espérant ainsi l’encourager et la soutenir… l’association CASA a décidé de préparer la construction d’une « installation » itinérante : « la Villa Médicis en errance ». Cette installation sera présentée hebdomadairement sur différentes places et lieux de la ville, intra-muros et proche de remparts. Invitation à mieux appréhender la réalité de ceux qui vivent à la rue, de ce qui se vit à la Villa Médicis… occasion aussi de se rencontrer et de discuter ensemble de ce que pourra apporter de positif notre installation pérenne, mais aussi des peurs qu’elle induirait.
Enseigne sur le toit de la Villa Médicis, CHRS de CASA
photo par Les Enfants de Don Quichotte
A bientôt donc dans les rues d'Avignon !
et aussi lors d'une rencontre avec CASA et le Collectif contre le Inégalités et l'Exclusion
au Cinéma UTOPIA Manutention
le samedi 16 mai à 10h00
pour faire le point sur les avancées au niveau local et national.
L’association CASA
Par ailleurs, au cinéma UTOPIA, des séances de discussion après la projection du film Les Enfants de Don Quichotte Acte 1 sont organisées pour les scolaires, avec CASA et le Collectif contre le Inégalités et les Exclusion.
Infos : 04 90 82 65 36.